Vos racines poussent droites, vos pointes s’enroulent légèrement, et le reste fait ce qu’il veut selon le temps qu’il fait.
Cette hétérogénéité n’est pas un caprice de vos cheveux – c’est une réalité biologique que plus de la moitié des Françaises vivent au quotidien, sans toujours savoir comment y répondre.
Pourquoi vos cheveux sont-ils mi-ondulés et mi-lisses?
La réponse tient d’abord à l’anatomie. La forme du follicule pileux détermine la trajectoire du cheveu : un follicule rond produit un cheveu droit, un follicule ovale ou asymétrique donne naissance à une ondulation.
Ce que peu de gens savent, c’est que vous pouvez avoir des follicules de formes différentes sur un même crâne – d’où ces zones lisses à la nuque et ces légères vagues sur les côtés.
Les hormones entrent ensuite en jeu. Elles constituent la cause la plus fréquente de modification de texture : puberté, grossesse, ménopause ou trouble thyroïdien peuvent transformer une chevelure droite en texture mixte en quelques mois. Votre corps change, vos cheveux suivent.
L’environnement aggrave souvent ce que la biologie a amorcé. L’eau calcaire attaque la cuticule et modifie la façon dont le cheveu réagit à l’humidité.
Les colorations et lissages passés altèrent la structure interne de la tige capillaire de façon inégale selon la longueur – ce qui explique pourquoi vos nouvelles pousses se comportent différemment de vos pointes traitées depuis deux ans.
Type 2 et texture mixte : ce que dit la classification capillaire

La méthode André Walker, créée en 1990, classe les cheveux en quatre grandes familles (1 à 4) subdivisées en sous-types A, B et C. Les cheveux mi-lisses mi-ondulés se situent dans la famille 2, celle des ondulations.
Le type 2A présente des ondulations très légères, presque invisibles à sec, qui disparaissent facilement sous le poids ou l’humidité. C’est souvent là que se situent les personnes qui se décrivent comme ayant les cheveux « ni lisses ni bouclés ».
Le type 2B affiche des vagues plus marquées en forme de S, généralement concentrées à partir des oreilles, avec des racines qui restent plates.
Identifier votre profil exact change tout dans le choix des produits. Un 2A supportera des formules très légères.
Un 2B pourra tolérer un soin légèrement plus consistant, à condition de l’appliquer uniquement sur les longueurs. Cette classification n’est pas une étiquette définitive – elle sert de boussole pour affiner votre routine.
Comment coiffer des cheveux ni vraiment lisses ni vraiment ondulés?
La règle de base : coiffer sur cheveux humides, pas mouillés, pas secs. C’est à ce stade que la texture est la plus malléable et que vous pouvez orienter les ondulations dans un sens cohérent.
Appliquer un produit coiffant (gel léger, crème sans rinçage, mousse légère) sur cheveux humides, puis laisser sécher à l’air ou au diffuseur.
Le diffuseur est l’outil le plus adapté à cette texture. Il diffuse la chaleur de façon uniforme sans « casser » les ondulations naissantes.
Réglez votre sèche-cheveux sur vitesse faible et chaleur modérée, puis déposez les mèches dans la coupelle sans les frotter.
Le résultat est nettement plus homogène qu’un séchage naturel qui laisse les zones lisses plates et les zones ondulées partir dans tous les sens.
Le plopping est une technique complémentaire utile : après le lavage, vous enveloppez vos cheveux dans un t-shirt en coton (pas une serviette éponge qui crée du frisottis) pendant 20 à 30 minutes.
Cela absorbe l’excès d’eau tout en encourageant les ondulations à se former sans être perturbées par la gravité.
Pour les hommes avec cette texture, la coupe joue un rôle déterminant. Une coupe dégradée sur les côtés avec du volume conservé sur le dessus permet aux ondulations de s’exprimer là où elles sont les plus marquées.
Évitez les coiffures qui demandent un résultat parfaitement lisse – votre texture ne s’y prêtera jamais naturellement et vous passerez chaque matin à contre-courant de vos cheveux.
La routine soins adaptée à une texture mi-ondulée mi-lisse

Fréquence de lavage : une à deux fois par semaine maximum. Laver plus souvent prive le cheveu de son sébum naturel, qui joue précisément le rôle de liant entre les écailles de la cuticule.
Un cheveu ondulé déjà fragilisé devient sec, cassant et encore plus difficile à discipliner.
Votre texture est souvent peu poreuse : la cuticule est semi-ouverte, ce qui crée du frisottis en absorbant l’humidité ambiante, mais elle ne retient pas bien les actifs des soins trop riches.
Les huiles lourdes (coco, beurre de karité pur) risquent de s’accumuler en surface sans pénétrer. Privilégiez des soins à base d’aloe vera, d’acide lactique ou de protéines légères hydrolysées.
Un masque nourrissant une fois par semaine suffit amplement. Appliquez-le sur les longueurs et pointes, laissez poser 10 minutes sous une charlotte, puis rincez à l’eau tiède.
L’eau froide en fin de rinçage aide à refermer la cuticule et réduit le frisottis – un geste simple qui fait une différence visible dès le séchage.
Chaleur et lissage : à quelle température travailler ces cheveux?
Pour lisser ou dompter une texture mixte, la fourchette recommandée se situe entre 160 °C et 185 °C. En dessous de 160 °C, le lisseur glisse sur le cheveu sans réellement modifier sa structure temporaire.
Au-dessus de 185 °C, vous risquez de détériorer la kératine sur des cheveux déjà fragilisés par leur cuticule semi-ouverte.
La protection thermique n’est pas négociable avant tout passage d’outil chauffant. Un spray thermoprotecteur appliqué sur cheveux humides forme un film entre la tige capillaire et la plaque.
Vérifiez que le produit indique une protection jusqu’à au moins 230 °C – même si vous travaillez à 180 °C, la marge de sécurité compte.
Faites passer le lisseur en une seule glissée par mèche, lentement et régulièrement. Plusieurs passages à haute température sur la même mèche abîment plus qu’une seule passe bien exécutée.
Si le résultat n’est pas satisfaisant après un passage, baissez l’épaisseur des mèches plutôt qu’augmenter la température.
Les erreurs qui aggravent le mélange lisse-ondulé

La première : surcharger en produits. Quand on ne comprend pas sa texture, on accumule – huile, crème, sérum, beurre – en espérant qu’un produit de plus résoudra le problème.
Le résultat est l’inverse : les cheveux peu poreux s’alourdissent, les ondulations tombent, et les zones déjà lisses deviennent grasses en quelques heures.
La deuxième : laver trop souvent. Certaines personnes, frustrées par le frisottis ou le manque de tenue, augmentent la fréquence de lavage.
C’est contre-productif – cela assèche le cheveu, accentue l’ouverture de la cuticule et aggrave exactement ce qu’on cherche à corriger.
- Utiliser une eau très calcaire sans filtre ni eau adoucie pour le rinçage final
- Frotter les cheveux avec une serviette éponge après le lavage
- Passer le lisseur sur cheveux humides sans protection thermique
- Sauter la protection thermique même pour « juste un coup rapide »
- Brosser les cheveux secs – mieux vaut démêler sur cheveux humides avec un peigne à dents larges
Faut-il chercher à uniformiser sa texture ou l’accepter telle quelle?
La question mérite une réponse franche. Accepter sa texture mixte, c’est travailler avec elle plutôt que contre elle : coiffage sur humide, diffuseur, produits légers.
Le résultat quotidien demande moins de temps, les cheveux sont en meilleur état sur le long terme, et la texture évolue plus harmonieusement avec les années.
Modifier la texture durablement – par un lissage brésilien, japonais ou une permanente – donne un résultat homogène pendant plusieurs mois.
Mais ces traitements fragilisent la tige capillaire et imposent une repousse à gérer, souvent plus marquée sur une texture mixte.
Le lissage brésilien tient en général 3 à 4 mois ; la repousse naturelle crée alors une ligne de démarcation visible entre texture traitée et pousse naturelle.
Si vous optez pour l’uniformisation ponctuelle, réservez-la aux occasions spéciales plutôt qu’en routine hebdomadaire.
Vos cheveux récupèrent mieux entre les traitements, et vous évitez l’engrenage des soins réparateurs coûteux.
Selon les données Mintel, 53 % des Françaises ont une chevelure texturée – autant dire que votre texture mixte n’est pas une anomalie à corriger, mais un point de départ pour construire une routine qui tient vraiment.
Les meilleures chevelures mi-ondulées mi-lisses qu’on voit sont rarement celles qu’on a le plus travaillées – ce sont celles qu’on a appris à ne plus contrarier.